Costa Rica

Tortugero : un petit coin du bout du monde

La cascade turquoise de Rio Céleste 
Nous revoilà au Costa Rica après 3 semaines passées au Nicaragua. Après un rapide aller-retour à Tamarindo pour récupérer le drone (toujours cassé) chez Agélie, ma cousine qui s’y est installée, on rejoint le petit village de Bijagua dans l’objectif d’aller visiter le parc national Tenorio. Le bus nous dépose sur la rue principale où une pizzeria et un magasin de souvenirs se volent la vedette. Quand on nous avait dit « village », on ne pensait pas que ce serait aussi petit ! :p

La recherche d’un hébergement risque d’être plus compliquée que prévu ! Au bout d’une demi-heure, on trouve quand même notre nouveau chez nous pour une nuit. On enchaîne directement avec la visite de la Finca Verde Lodge, une réserve privée où l’on peut apercevoir pas mal d’animaux, notamment des paresseux, des serpents et surtout les grenouilles ! Pour 15$/personne, un guide nous dévoile les secrets de la flore et de la faune du parc. Le tour commence avec les serpents : il nous explique que cet animal est souvent peu apprécié des populations, à tort. Il se révèle en effet très important pour la sauvegarde de l’écosystème !

Minute culture :
Si vous vous faites mordre par un serpent au Costa Rica, ne vous inquiétez pas ! C’est l’un des seuls pays au monde à avoir tous types d’anti-venins ! Vous serez donc entre de bonnes mains ! 

On continue avec la serre aux papillons, où l’on admire le morpho, le fameux papillon aux reflets bleus, puis on passe aux grenouilles ! La première qu’il tient à nous montrer est la « Blue Jean ». Avec son corps rouge et ses pattes bleues, on a vraiment l’impression qu’elle vient d’enfiler un jean ! Mais si elle peut paraître mignonne comme ça, elle peut se révéler très toxique si on la touche ! On termine le tour en partant à la recherche de la rainette verte aux yeux rouges, l’une des stars du pays. Malheureusement, malgré tous les efforts de notre guide, on n’en verra pas pour cette fois ! 🙁
Le lendemain, on se rend au parc national Tenorio en stop. Et devinez qui nous prend ? La police de Bijagua ! Ils acceptent même de faire un détour pour nous y emmener ! On vous a déjà dit que le stop fonctionnait très bien au Costa Rica ? Mais de là à être pris par la police, on est plutôt fiers ! 😉

On atteint le parc en moins d’une demi-heure (la route a été asphaltée en 2017 et l’accès y est désormais beaucoup plus rapide ! ;)). Après avoir remercié nos copains les policiers et nous être acquittés des droits d’entrée (12$/par personne), nous entamons notre balade en forêt. L’attraction phare du parc est la cascade du Rio Celeste mais il y a aussi d’autres points de vue comme le Mirador (point de vue culminant pour admirer le volcan) ou la Laguna Azul. On peut également débusquer quelques animaux comme des singes ou des coatis. On profite du peu de monde du début de matinée pour aller directement à la cascade du Rio Celeste. Cette rivière tient son nom de sa couleur bleu azur qui est dû au souffre rejeté par le volcan Tenorio, situé non loin. La légende raconte que Dieu, après avoir peint le ciel, vint tremper ses pinceaux dans cette rivière. Mignon non ? 🙂

La balade dans le parc est plutôt sympa et peut se faire en 2-3 heures. On a beaucoup aimé le cadre très verdoyant et le calme des lieux en matinée.
Arrêt furtif à La Fortuna
Pour rentrer jusqu’à Bijagua, même technique qu’à l’aller : le stop ! La deuxième voiture accepte de nous prendre, on n’attend jamais plus de 5 minutes, c’est fou ! On enchaîne avec un bus pour Upala puis un autre pour la Fortuna où l’on dormira une nuit pour couper la route avant d’entamer le trajet épique pour Tortugero.

On décide de ne pas s’arrêter plus longtemps ici car les échos entendus sont mitigés et qu’on a déjà bien visité les volcans au Nicaragua. La bonne surprise, c’est que l’on peut quand même admirer le volcan depuis la ville. Ce monstre de 1720 m domine La Fortuna. Mais ne nous attardons pas trop car il faut encore trouver un logement ! Après un petit tour de ville, on trouve une auberge à peine excentrée à l’excellent rapport qualité-prix : La Fortuna Backpackers Resort (vous aussi vous trouvez ça antinomique comme nom ? :p).

On profite aussi de cette pause pour faire quelques achats souvenirs, de peur de n’avoir pas beaucoup de choix sur la côte Caraïbes.

Le lendemain, on prend le temps de se réveiller et on s’offre même le luxe de se faire un brunch ! La Fortuna est une ville assez touristique, ce qui permet d’avoir un large choix de restaurants ! Et on ne va pas se mentir, ça fait quand même du bien ! On porte notre dévolu sur un resto green bobo, « l’Organico ». Au menu : banana pancakes vegan, energy bowl (granola, graines de chia, lait d’amande) et autre toast d’avocat. Un vrai régal pour les papilles et la santé ! Un peu moins pour notre porte-monnaie… mais il faut savoir se faire plaisir ! Ça fait bien longtemps qu’on ne s’est pas fait un brunch et on ne sait pas quand sera le prochain ! 😉

C’est donc pleins (d’énergie) que nous entamons notre journée de stop. Notre objectif ?
  1. Atteindre Tortugero (le graal) inatteignable en bus en une journée (et encore moins en une demi-journée, oui parce qu’il est midi quand vous quittons la Fortuna !)
  2. Atteindre Cariari pour prendre l’une des premières lanchas le lendemain matin
  3. Atteindre Puerto Viejo de Saraquipi pour couper la route en 2
Alors, quels sont vos paris ? Faites vos jeux ! Riiieeeen ne va plus ! (On vous a dit qu’Albane était une fan de Casino, et notamment de la roulette ? :D). On vous dévoile le résultat juste en dessous ! 😉

Petit rappel : 
Étant donné l’interminable trajet en bus annoncé par les locaux et le prix exorbitant des shuttles (50$/personne), on a décidé de se rendre en stop jusqu’à Tortugero.
En bus, ça donnerait : La Fortuna-Ciudad Quesada (1h30) puis Ciudad Quesada-Puerto Viejo de Saraquipi (5 heures pour seulement 100km…) puis Puerto Viejo-Guapiles (1h) puis un autre bus pour Cariari (1h) et un dernier jusqu’à la Pavona (1h), l’embarcadère des lanchas pour Tortugero (1h30-2h). Bref, vous aussi vous sentez la galère ?!

Une autre solution serait de repasser à San José mais il faudrait y dormir et cela nous ferait donc perdre une journée…
Vous comprenez mieux pourquoi on a préféré se débrouiller par nous-mêmes ? Enfin par eux-mêmes… 😀


Revenons-en à nos moutons :
Après avoir vu traverser une ENOOORME iguane sur la route, tranquilou, créant ainsi un mini embouteillage, on lève nos petits pouces pour la première fois de la journée. Très vite, une voiture s’arrête et nous accompagne jusqu’à la route principale del Tronque. À peine le temps de fabriquer un panneau « Puerto Viejo » qu’une autre voiture nous prend jusqu’à Muelle, un énorme carrefour une quarantaine de kilomètres plus loin. Et c’est ici que l’on va attendre le plus longtemps… 15 minutes sans que personne ne s’arrête ! Pourtant il y a du trafic mais la plupart s’arrête juste un peu plus loin. Enfin (eh oui, on est devenu exigeant à force de ne jamais attendre plus de 5 minutes), une jeune femme s’arrête et propose de nous avancer jusqu’à Guapiles, une bonne centaine de kilomètres plus loin ! Génial !! 😉

Notre avancée est telle que nous pouvons espérer avoir le dernier bateau pour Tortugero, incroyable ! On n’y croyait pas en partant à midi de La Fortuna !
Notre 4ème voiture de la journée, un chauffeur de Uber, nous dépose à la station de bus de Cariari. On croise par hasard Jo et Val, les ptitsvagablonds qu’on a rencontrés à Ometepe quelques jours plus tôt ! Eux, viennent de Tortugero et doivent rejoindre Quepos, sur la côte pacifique, un long trajet aussi en perspective ! Allez, Pura vida !

Pour en finir avec cet interminable trajet, nous prenons le bus de Cariari à la Pavona (1200 colónes/personne), l’embarcadère pour Tortugero. Dernière étape : la lancha. Vous pensiez que c’était fini (et nous aussi) ? Et bien non ! À peine le bus a coupé le moteur qu’on se jette sur nous pour nous vendre les billets de bateau, les excursions ou un hébergement. On nous avait dit que l’accueil à la Pavona pouvait être corsé mais on ne s’attendait pas à ça ! Il faut dire que le reste du pays est très « discipliné » alors ça détonne c’est sur !
On se dirige nous-mêmes vers la lancha (qui est déjà bondée) pour connaître le prix. Bien sûr, ils sont tous de mèche donc impossible de négocier quoi que ce soit. En désespoir de cause, nous payons les 4000 colónes demandés. On nous montre la lancha devant nous, la même que je viens de qualifier de « bondée ». Ils embarquent les gros sacs à dos mais impossible de s’asseoir, forcément. On nous dit alors qu’il faut attendre la prochaine lancha qui arrivera dans un temps indéterminé ! On demande à récupérer nos sacs, ce qui a l’air de surprendre notre « ami » le capitaine.
La première lancha part et la seconde arrive… une demi-heure plus tard. À cause des faibles pluies et du niveau bas de la rivière, nous devons éviter autant que possible les nombreux bancs de sable pour ne pas rester coincer. Bien que l’on soit éreintés par cette journée de transport, on profite de la balade. Les lueurs du soleil déclinent et donnent une atmosphère particulière à la forêt. On se sent alors l’âme d’aventuriers en pleine Amazonie ! 😉

Un petit air de bout du monde à Tortugero
Parc national fondé en 1975, Tortugero est constitué de 19 000 ha pour la partie terrestre et 52 000 ha pour la partie marine, rien que ça ! Sa particularité réside dans le fait que c’est une île simplement constituée de canaux, d’une village (quelques rues, auberges et restaurants), d’une plage et du parc national terrestre. Tout autour, c’est la nature.
L’accès se fait uniquement par avion ou bateau, ce qui lui donne un air de bout du monde !

On profite de la journée du lendemain pour prendre un jour off après ce trajet épique. Après un passage chez le médecin de l’île à cause d’une douleur indéfinie pour Albane (on n’en saura pas plus…), on se balade sur la plage, trop dangereuse pour se baigner, puis dans le village. Seulement constitué de quelques rues, on est étonné du nombre limité d’auberges et de restaurants. Bien que l’offre soit suffisamment large, on est loin du tourisme de masse ! Tortugero reste un petit coin de bout du monde, et ça nous plait bien. On passe devant les maisons des locaux, saluant les abuelos et abuelas sur leur rocking chair à guetter chaque passage. On croise les enfants jouant dans les ruelles et les habitants pédalant à vélo. Ici, pas de voitures ni de scooters. Le seul bruit que l’on entend est celui des rares avions qui volent dans le ciel (eh oui, il y a aussi un aéroport à Tortugero). Cela lui confère une sérénité et une tranquillité de vie qu’on apprécie particulièrement.
Le soir, on a RDV à l’auberge avec notre guide Bonnie. On part à la recherche des fameuses grenouilles vertes aux yeux rouges (celles qu’on a loupées à Bijagua). On a à cœur de les voir cette fois-ci ! Cette petite grenouille est l’un des emblèmes du pays, on peut l’apercevoir sur toutes les brochures !

Nous partons à 5, accompagnés d’un couple suisse en vacances au Costa Rica. À la sortie du village, à l’opposé du parc national, on se rend dans un bosque. Très vite, on les aperçoit. Elles sont vraiment toutes petites ! Il faut avoir l’œil pour les observer, la plupart dorment, les yeux clos, se fondant sur la couleur verte des feuilles. Soudain, un autre guide (oui, parce qu’on est loin d’être seuls ce soir…) siffle, il vient d’en trouver une avec les yeux ouverts. Elle est aussi belle que dans notre imagination : tout son corps est vert sauf ses yeux bien rouges et ses pattes antérieures bleues électriques. Contrairement à la « Blue Jean », celle-ci est inoffensive ! Notre guide tient à ne pas trop l’éblouir pour ne pas la gêner. Nous restons un bon moment à l’observer puis continuons notre quête. On aperçoit ensuite des iguanes, des basilics, des araignées (bien sûr) et même un porc-épic en hauteur dans les arbres !
Le lendemain matin, les premières notes du réveil nous sortent de notre sommeil à 5h ! On part avec notre guide Bonnie, une Française et une Canadienne explorer le parc national en pirogue. Après s’être acquittés de la taxe d’entrée (15$/personne), on enfile nos chalecos (comprenez gilets de sauvetage, oui on est devenus fluent espagnol) et on embarque sur la lancha. Il est 6h du matin mais il fait déjà bien jour ! On ne devrait pas avoir de mal à débusquer les animaux.
Très vite, on aperçoit notre premier basilic Jesus Christ (vous savez, celui qui court sur l’eau en cas de danger !), des singes, des gros iguanes, des oiseaux faisant sécher leurs ailes au soleil, technique qui a l’air de bien fonctionner, et même un caïman !
Le silence est de mise et le seul bruit que nous entendons est celui des pagaies dans l’eau. Quel calme ! Rares sont les pirogues à moteur et tant mieux ! Rien de mieux pour observer la nature !
Après 3 heures de navigation, nous rentrons au village pour tenter de dénicher un brunch. Malgré les horaires d’ouverture affichés et la confirmation d’un des serveurs la veille, le Cariari semble fermé… Dommage, leurs pâtisseries françaises faisaient rêver ! Nous errons donc dans la ville dans l’espoir de trouver un autre restaurant proposant des brunch. C’est un peu peine perdue ici. Tant pis, on se contentera de pain décongelé et de margarine comme petit-déjeuner ! :p

L’après-midi, nous partons explorer le parc national terrestre. Eh oui, entre pagaies et baskets, on n’est pas obligés de choisir ! Le billet d’entrée du parc est valable toute la journée, alors autant le rentabiliser ! Le sentier fait une dizaine de kilomètres AR et longe la plage. La végétation est luxuriante et il est difficile de croiser les animaux. Heureusement, on arrive à suivre quelques guides pour nous aiguiller dans nos recherches. Au final, on aura vu 2 paresseux (paraît-il, ils étaient vraiment loin !), des basilics Jesus-Christ et des singes.

Au bout du sentier, quelques mètres plus loin, sur la plage, nous voyons aussi la carcasse d’une tortue luth, les plus grandes tortues au monde, et c’est vrai qu’elle paraît énorme !

Tortugero, comme son nom l’indique, est un lieu de ponte pour 4 espèces différentes de tortues dont 3 en voie d’extinction (tortue luth, tortue verte et tortue imbriquée). Nous ne sommes pas dans la bonne saison et ne verrons donc pas de tortues pondre. On entend d’ailleurs beaucoup d’échos négatifs sur ce genre de tours, ne protégeant pas les tortues à force de voyeurisme touristique. Quel dommage !
En fin d’après-midi, on se rend à l’autre bout de la ville (10 minutes à pied) pour se poser sur un ponton et admirer le coucher du soleil. On observe la vie locale s’écouler en cette fin de journée. Les pirogues rentrent au port. Malgré les nuages, les lumières sont très belles. Une jolie image pour clore le chapitre Tortugero.

Prochaine étape : direction le sud de la côte Caraïbes, à Cahuita !