Nicaragua

Coup de coeur pour l’ile d’Ometepe

Après un bref séjour dans la zone cafetière près de Matagalpa en vivant chez l’habitant, nous reprenons la route vers l’île d’Ometepe.

Depuis San Ramon, petit village où nous logeons, nous devons d’abord prendre un premier bus pour Matagalpa, puis un taxi pour changer de terminal (20 córdobas/personne). On loupe l’expreso pour Managua de peu, on doit donc attendre 45 minutes à la gare. Après 2 heures de route, on arrive à la capitale. De là, il faut encore prendre un taxi pour changer de terminal de bus. Et là, c’est la cohue. À peine descendus qu’on se jette sur nous : « a donde van ? San Juan del Sur ? Rivas ? Vengaaa, vengaaa ! » STOOOOPPPPP !!! Ça, c’est typiquement tout ce qu’on n’aime pas en voyage. Ils sont 5 à nous entourer et on ne peut même pas en placer une ! Au bout de 10 minutes de discussion de sourds, on comprend que le prochain bus pour San Jorge part dans 5 minutes. On s’éloigne rapidement du groupe et on monte dans le bus.

Deux heures plus tard, on atteint San Jorge. En arrivant au port, il faut s’acquitter d’une taxe portuaire de 35 córdobas/personne puis seulement après on peut acheter nos billets de ferry pour l’île (45 córdobas/personne). Justyne, notre amie Belge, nous avait prévenus du courant qu’il pouvait y avoir sur le lac. Effectivement, les vagues sont assez fortes : le cachet anti-mal de transport fait son effet. 1h15 de bateau plus tard, nous posons enfin les pieds sur l’île.

Ometepe, c’est la plus grande île du monde sur un lac d’eau douce. Rien que cela ! La plus grande partie de l’île est occupée par deux volcans à chacune de ses extrémités : le volcan Concepción et le volcan Maderas. La population vit donc sur les marges du volcan, entre ses pieds et les rives du lac.

On découvre une île bien tranquille où la principale ville n’est composée que de 3 rues, quelques restaurants et hospedajes, des commerces (dont notre plus fidèle ami : le Pali) et une banque. On est surpris du nombre de bars/restaurants fermés ou vides… Bien que l’île n’ait pas l’air de vivre du tourisme, on sent que les événements de 2018 ont touché, par ricochets, ce petit bout du monde.

Pour notre premier jour sur l’île, on décide de louer des vélos (2$/personne l’après-midi) et de se rendre jusqu’à Charco Verde, à plus de 15km tout de même ! Il est midi quand nous enfourchons nos bicyclettes, pas vraiment la meilleure heure pour entamer une longue balade, la chaleur est à son comble ! On transpire, nos cuisses nous font souffrir mais que le paysage est beau ! À gauche, en toile de fond durant toute notre balade, se dresse le volcan Concepción, parfaitement conique. À droite, le long de la route, on observe les petites maisons en taule et les habitants assis sur leur rocking chair, à l’ombre de leur terrasse. Ils nous saluent en souriant. On entend des « hellooo », « holààà » à chaque passage ! Le temps semble s’être arrêté sur l’île aux 2 volcans et ce n’est pas pour nous déplaire !
Charco Verde, c’est une réserve dans laquelle on peut admirer une lagune verte (comme son nom l’indique) et une serre aux papillons. L’occasion parfaite pour observer le morpho, ce papillon aux reflets bleus. On s’amuse à lui courir après pour tenter de le photographier. Après quelques minutes figés, le doigt crampé prêt à dégainer, on arrive enfin à lui prendre le portrait ! Admirez plutôt le travail ! 😉
Au bout d’une bonne demi-heure dans cette serre féerique, on se dirige vers la laguna verde. On en fait le tour en 40 minutes et on peut même apercevoir des singes !
Sur le chemin du retour (tout aussi éprouvant que l’aller, la chaleur en moins), on tombe sur un match de base-ball. C’est le premier sport populaire au Nicaragua…oui oui avant le football !! De nombreux joueurs du pays jouent en ligue national aux Etats-Unis. Chaque dimanche il y a des matchs d’amateurs dans toutes les villes. L’ambiance y est très sympa !

Un peu plus loin, on s’arrête à la pointe Jesús Maria. C’est ici que se rejoignent locaux et touristes en fin de journée pour regarder le coucher de soleil sur le lac Nicaragua. Les dernières lueurs déclinent lentement laissant apparaître de superbes lumières. Au loin, le volcan Concepción s’assombrit peu à peu. Il fait nuit noire et il est temps de rentrer. Encore 20 minutes de pédale… En rendant les vélos, j’ai du mal à marcher mais je suis fière d’avoir avalé plus de 30km à vélo en une après-midi ! 😉
Le lendemain, nous partons en bus explorer l’autre côté de l’île (20 cordobas/personne pour 1h30 de trajet). Nous décidons d’y passer 2 jours et de nous poser à Santa Cruz. Loin d’être une ville ou encore un village, cette bourgadinette (oui, je trouve que ça sonne bien pas vous ? :D) se résume en une rue parsemée de quelques restos et auberges. Ici, on ressent clairement les effets de la situation politique actuelle. Beaucoup d’infrastructures ont fermé ne laissant qu’une poignée de possibilités pour se loger. On essaye donc les 2 seuls logements ouverts du côté de la plage de Santo Domingo. Le premier est encore sale des anciens clients, le ménage n’ayant pas été fait depuis 2 jours. Ça ne donne pas vraiment envie ! Il ne reste donc que l’auberge d’à côté qui nous semble plus accueillante ! Ouf ! Elle donne directement sur la plage, on n’a qu’à traverser la route, on ne va se plaindre ! Ils ont même installé une table, les pieds dans le sable, pour déjeuner en toute tranquillité ! On ne se prive pas et grignotons quelques quesadillas locales.
Le cadre est tout simplement superbe ! La plage s’étend sur des kilomètres, le volcan Concepción en toile de fond.
L’après-midi, nous nous rendons en stop dans l’une des attractions du coin, une lagune appelée Ojo de Agua. Il suffit de marcher 10 minutes à travers des champs de bananiers après avoir quitté la route pour accéder à une lagune d’eau cristalline aménagée en piscine pour les locaux. L’eau est douce et très claire, des transats sont disposés sur les bords, et une belle végétation entoure les deux bassins. C’est donc un endroit très relaxant et parfait pour un petit bain rafraîchissant. Par cette grosse chaleur, c’est du bonheur ! On y passe volontiers l’après-midi ! Il y a même un sentier d’une trentaine de minutes qui permet de voir des singes mais nous, on a préféré faire nos feignasses !
Pour notre dernière jour sur l’île d’Ometepe, nous décidons de nous attaquer au monstre des lieux : le volcan Concepción. De 1610m d’altitude, il est un des volcans les plus symétriques au monde. On a RDV avec Martin, un guide conseillé par Jo et Valentin, deux voyageurs au long cours rencontrés quelques jours plus tôt à Moyogalpa. Pour 15$/dollars par personne, il nous accompagne jusqu’au mirador du volcan, situé à 1000m d’altitude. C’est parti pour 1h30 de montée. On prend d’abord un bus de 15 minutes qui nous emmène jusqu’à l’entrée du parc où l’on s’acquitte des droits d’entrée de 3$/personne.

Le chemin commence doucement en forêt pendant 30 minutes puis monte à pic le reste de la randonnée. Les Nicaraguyens n’ont pas l’air d’avoir compris le principe de zigzag pour les montées ! :p Ici, ça grimpe sec ! On passe à travers des champs de bananes et de café. Plus on prend de la hauteur, plus la vue sur l’île s’intensifie. On aperçoit bien au loin le lac Nicaragua et toutes les terres de l’île.

En arrivant en haut, le vent souffle fort, presque à nous faire tomber ! Le sommet est juste là, face à nous, quelques centaines de mètres plus haut. On n’ira pas plus loin mais la vue du mirador vaut déjà le coup ! On profite du spectacle pour pique-niquer.
Au bout de 45 minutes, on commence la descente qu’on effectue en 1h30. On est contents d’arriver en bas et de flâner le reste de la journée !

On quitte Ometepe, le coeur lourd. Elle a été pour nous un vrai coup de coeur ! L’île aux deux volcans, est vraiment une des étapes incontournables lors d’un voyage au Nicaragua : tant pour sa beauté volcanique que pour son côté encore très rural et son rythme insulaire (faut vraiment pas être pressé…). Nous recommandons vraiment sa visite ! Nous y avons passé une semaine et nous n’avons pas regretté !

Bonnes adresses Ometepe :
  • Pizzeria “Buon Appettite” : les meilleures pizzas d’Ometepe ! Bon ok, on a goûté que celles-ci mais elles étaient excellentes ! C’est assez cher pour un budget backpacker (environ 10-12€ la grande pizza) mais on se régale !
  • Restaurant “Central El Indio Viejo” : de bons plats faits maisons élaborés avec des produits frais et un large choix végétarien ! L’ambiance est colorée et les prix accessibles à toutes les bourses !