Nicaragua

Dans la région de Granada

Après 15 jours passés au pays des paresseux, nous voilà au Nicaragua, un pays que nous attendons avec impatience depuis le début de ce voyage. À cause des événements récents qui ont secoué le pays (manifestations brutalement réprimées par le gouvernement en Avril 2018), nous avons longtemps hésité à y aller. Les derniers échos de voyageurs étant positifs quant à la sécurité du pays, nous tentons l’aventure, anxieux et surmotivés à la fois.
 
Plus grand pays d’Amérique Centrale (mais petit malgré tout), le Nicaragua a retrouvé il y a une quinzaine d’années le chemin de la paix et de la démocratie et commençait à attirer les touristes depuis quelques temps. Il offre effectivement une grande variété d’activités telles que : ascensions de volcans, parcs naturels riches en animaux et oiseaux, plantations de café, plages paradisiaques sur la côte atlantique et surf sur la côte pacifique. Malheureusement, les événements politiques de 2018 ont stoppé net son développement touristique et bien que la situation se soit stabilisée politiquement, nous craignons que l’ambiance générale soit morose.
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Alors, prêt pour l’aventure nicaraguayenne ?
 
Depuis Liberia, nous prenons la compagnie Ticabus (ces billets bien plus chers que les bus locaux nous ont permis de fournir une preuve de sortie du territoire en entrant au Costa Rica, obligatoire) directement jusqu’à Granada. À la douane, nous nous acquittons de la taxe de sortie du Costa Rica (8$/personne) et celle d’entrée au Nicaragua (14$/personne), une petite somme tout de même !
 
En traversant la frontière, ce qui nous frappe en premier, c’est la différence de richesse avec le Costa Rica ! Ici, on retrouve les maisons faites de bric et de broc, les toits en taule, les animaux en bord de route, les déchets jonchant le sol sur des kilomètres… Les vendeurs ambulants et les stands de rue sont aussi de retour, beaucoup moins discrets qu’au Costa Rica ! :p
 
Granada, la belle coloniale 
Arrivés vers 16h à Granada, nous nous dirigeons vers notre hôtel à pied, la ville étant assez petite. On a choisi l’Oasis Hostel, une auberge en plein centre offrant une cuisine partagée, de beaux espaces communs et une piscine ! Il fait aussi chaud qu’au Costa Rica donc c’est assez agréable !
 
Après un premier tour dans la ville, on se rend compte que, comme prévu, les touristes ont déserté, laissant une ville morte. De nombreux hôtels et restaurants ont fermé. La célèbre Calle La Calzada, bordée de bars et restaurants en terrasses, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Aucune animation, aucune ambiance, aucune agitation.
Pourtant, ce n’est pas le charme qui manque à cette ancienne ville coloniale. Les maisons ont de belles façades colorées et abritent toutes un patio intérieur, souvent fleuris. Les rues sont calmes et une partie du centre ville autour de la place est piéton.
 
On décide de monter en haut du clocher de la belle église de la Merced dont l’incendie allumé par le flibustier William Wallker au 18e siècle n’a pas terni la majesté. Du mirador, la vue sur Granada est superbe : tout autour les toits de tuiles brunes des maisons coloniales dont on devine les patios. À l’Est, la belle cathédrale jaune du Parque Central et les abords du lac Nicaragua. Au Sud, le volcan Mombacho qui domine la plaine du haut de ses 1345 mètres. Tout simplement magnifique !
Pour en connaître davantage sur l’histoire du pays et de cette ville au passé chargé, nous effectuons le Free Walking Tour avec notre auberge. Nous passons par le Parque Central et la très jolie cathédrale aux murs jaunes et blancs, l’église de la Merced, le musée du chocolat et l’une des maisons les plus mystérieuses de Granada : celle de William Walker, cet aventurier américain, venu conquérir le Nicaragua !
 
Pour compléter cette visite guidée, un peu rapide à notre goût, Christophe accepte de faire un tour en calèche ! C’est LE grand truc d’Albane mais qui coûte généralement une blinde dans les autres pays. Ici, on s’en sort pour 5$ le tour d’une heure. C’est donné, on prend ! Le « chauffeur », très intéressant, nous livre les derniers secrets de Granada en nous amenant à l’ancienne gare de train, le malecon bordant le lac mais aussi une fabrique de cigares !
Le lendemain, on se rend en taxi aux isletas, ces centaines de petits îlots situés au bord du lac Nicaragua formés lors de l’éruption du Mombacho il y a 21 000 ans. Le tour, négocié à 650 córdobas pour 2, se fait en lancha (barque à moteur). On navigue entre les îlots parfois déserts, parfois occupés par les jolies maisons secondaires des riches familles nicaraguayennes. On passe par exemple devant la maison de vacances (enfin l’une d’entre elles) du PDG des rhums Flor de Caña, un incontournable au Nicaragua !
 
Un premier stop est prévu à la forteresse, un ancien château construit pour contrer les attaques des pirates à l’époque. Rien de bien folichon et il faut en plus s’acquitter d’un droit d’entrée de 20 córdobas/personne !
 
Un peu plus loin, on découvre la isla de los monos, qui abrite des singes araignées. Ils sont nourris régulièrement par les touristes ou les restaurants alentours (eh oui, les singes ne nagent pas et l’île n’offre pas de nourriture…). On n’apprécie pas vraiment ce genre de pratiques (on a d’ailleurs refusé d’acheter des gâteaux pour les appâter) mais il faut dire qu’on peut observer les singes de près ! On termine le tour en se posant sur une île restaurant. Le décor est superbe. Au loin, on s’amuse à regarder les enfants plonger dans l’eau. Ils n’ont peur de rien !
Sur le chemin du retour, notre capitaine nous montre un autre type de singes : les singes hurleurs ! Ceux-ci sont noirs et ne mangent que des feuilles !
Bonnes adresses Granada :
  • « Oasis Hostel » : une auberge centrale aux espaces communs très sympas ! Elle dispose aussi d’une cuisine partagée et d’une piscine, idéale quand le thermomètre monte ! 17$/chambre double avec sdb privée et petit-déjeuner.
  • « La Frontera » : un restaurant qui ne paye pas de mine de l’extérieur. Entrez dans son patio et vous serez conquis ! On y sert de la cuisine nicaraguayenne et internationale, très bonne !
Tips Granada :
  • Les auberges Oasis et De Boca en boca organisent régulièrement des soirées quizz, welcome drink, free walking tour… N’hésitez pas à aller jeter un œil à leur programme, même si vous ne logez pas chez eux !
Une nuit à la Laguna Apoyo 
Après 3 jours passés dans la jolie ville de Granada, nous nous dirigeons vers la laguna de Apoyo. On profite du transport gratuit proposé par Oasis Hostel (mais c’est aussi le cas pour l’auberge De boca en boca) quand on passe la journée ou la nuit au Paradiso Hotel sur la lagune. En moins d’une heure, on atteint ce petit coin de paradis. La plupart des touristes n’y passe que la journée et reparte en fin d’après-midi pour Granada. Nous avons décidé d’y passer une nuit pour pouvoir profiter pleinement des lieux ! On découvre une lagune parfaitement formée dans un cratère où l’on peut se baigner.
 
Minute culture :
La laguna de Apoyo se serait formée il y a des milliers lors de l’éruption du volcan. Des fissures se sont alors créées tout le long du cratère, le remplissant d’eau. Incroyable ! 
On passe la journée avec les quelques touristes de l’hôtel. Des grosses bouées noires ainsi que des kayaks sont mis à disposition. Une petite plage est aménagée où l’on peut poser sa serviette et se dorer la pilule sur les transats de l’hôtel (gratuits bien sûr !). L’endroit est calme et préservé, c’est le rêve ! En revanche, on ne comprend pas très bien pourquoi il y a autant de courant dans cette lagune, qui est fermée ! Il ne s’agit pas d’un lac plat quoi !
 
Le soir, on assiste à l’équinoxe de printemps. Depuis le restaurant, alors qu’on est en train de déguster un bon veggie burger, on observe la lune descendre et remonter dans le ciel à une vitesse incroyable ! Ses reflets dans l’eau apportent encore plus de magie au phénomène !
 
Le lendemain, on rend la chambre à 10h mais on décide de rester profiter de l’hôtel jusqu’à 16h45, l’heure à laquelle le bus public passe pour Masaya, notre prochaine étape.
 
Bonne adresse Laguna de Apoyo :
  • « Paradiso Hotel » : super auberge de jeunesse, donnant directement sur la lagune avec un accès plage. Le restaurant est bon et les prix abordables (il n’y a pas vraiment de choix dans les environs).
Masaya, l’étape inutile 
En prenant le bus public depuis l’hôtel Paradiso pour Masaya (15 córdobas/personne), on ne pensait pas avoir autant d’ambiance ! Quelques mètres plus loin, on récupère tous les élèves de l’école d’à côté. Ça chante, ça crie, ça rie ! Bref, la vie quoi ! Quelques regards se posent sur nous. Moitié interrogatifs, moitié curieux. C’est sûr que 2 grands blonds aux yeux bleus, ils ne doivent pas en voir beaucoup par ici ! On se rend compte qu’il ne doit pas y avoir beaucoup de voyageurs qui prennent ce bus, et encore moins depuis l’année dernière ! Nous, on trouve ça rigolo et on répond en leur souriant.
 
On atteint Masaya en une heure de temps et on découvre dubitatifs cette ville où nous semblons être les seuls touristes ! On s’est dit (bêtement) que pour visiter les pueblos blancos et le volcan Masaya, il valait mieux dormir à Masaya… Grave erreur !! On ne sait pas si c’est à cause des événements de l’année dernière (Masaya a été l’une des villes les plus touchées par les manifestations et les barrages), mais la ville n’est PAS DU TOUT touristique. On a d’ailleurs eu du mal à trouver une auberge encore ouverte. Les agences d’excursions semblent semblent être toutes fermées… Le marché artisanal, l’une des attractions du coin, ne paye pas de mine. On a l’impression que c’est une réplique du marché d’Antigua au Guatemala (car on retrouve quelques articles similaires) mais en beaucoup moins bien !
 
Bref, après avoir fait un petit tour de la ville, on abandonne vite l’idée de trouver une agence proposant des tours pour le volcan.
On décide alors d’aller visiter les « pueblos blancos » par nous-même, ce n’est pas si loin finalement, et nous prendrons un taxi pour nous accompagner au volcan.
 
Minute culture :
Les « pueblos blancos » étaient surnommés ainsi à cause de la couleur des toits recouverts de chaux. Ce sont aujourd’hui des villages d’artisans ayant chacun sa spécialité : la céramique en argile, la vannerie, l’horticulture, etc. 
 
Il est déjà 13h quand nous quittons le terminal de bus pour rejoindre Catarina, notre premier pueblo Blanco. En 45 minutes et pour 10 córdobas/personne, on atteint ce petit village qui n’a d’ailleurs rien de blanc ! On y vient surtout pour admirer la laguna de Apoyo depuis le mirador où il faut payer l’accès (20 córdobas/personne).
 
Le village en lui-même a peu d’intérêt mais son mirador est exceptionnel : en contrebas, on découvre la superbe lagune d’Apoyo, au loin Granada et le lac Nicaragua et à droite le volcan Mombacho. Nous restons un bon moment à admirer ce décor de rêve. Une petite promenade est aménagée pour se balader. Sur le chemin, 3 jeunes ados nicaraguayens me demandent une photo avec eux. J’accepte avec plaisir. Ça me rappelle les séances photos improvisées à Java, en Indonésie !
 
Plus tard, nous partons visiter rapidement le village de San Juan de Oriente, spécialisé dans la poterie. On y vient pour observer le travail des artisans. Malheureusement, l’après-midi est déjà bien entamée et les ateliers sont tous fermés… Nous entrons tout de même dans quelques boutiques (souvent la première pièce de la maison) pour admirer le travail réalisé. La finesse et le souci du détail nous convainquent d’acheter un bol coloré. Un beau souvenir artisanal du Nicaragua !
 
On quitte les pueblos blancos vers 17h pour revenir sur Masaya et attraper un taxi pour monter au volcan du même nom. On négocie 15$ le tour (AR + attente sur place). L’entrée au parc vaut 10$/personne. Un premier stop est prévu au musée du parc où un guide nous explique l’origine du volcan et les 3 cratères formés à la suite d’éruption. On se dépêche pour arriver à temps pour le coucher du soleil en haut. D’habitude, seulement une quinzaine de voitures sont autorisées à monter en même temps au niveau du cratère et ne peuvent rester que 20 minutes pour permettre à tout le monde de monter. Aujourd’hui, à cause de la fuite des touristes, on monte sans problème ! La route pour y accéder paraît toute neuve. On y est en 10 minutes. Eh oui, contrairement au volcan Acatenango au Guatemala, ici, tout se fait en voiture. Pas de fort dénivelé ni de longue randonnée. C’est presque trop facile !
 
En atteignant le cratère, on découvre l’immense cratère, d’une profondeur et d’une largeur respectivement de 700 mètres et de 200 mètres ! C’est l’un des volcans les plus actifs du pays. D’ailleurs il est obligatoire de garer son véhicule en marche arrière sur le parking, afin de fuir plus rapidement en cas d’éruption !
Dès notre arrivée, nous sentons les effluves de soufre (enfin surtout Christophe car j’ai le nez bouché et ne ressent aucune odeur depuis 2 jours !). On s’approche du cratère via une plateforme prévue à cet effet. Celle de droite permet d’avoir une vue directe sur la lave en fusion. Au premier plan, les effluves de soufre s’échappent du cratère et dans le fond, à 200 mètres de profondeur, cette lave en fusion passant du jaune au rouge. On observe, hypnotisés, ce spectacle à ciel ouvert. C’est impressionnant !
 
Encore un moment magique qui marque ce tour du monde. Un de ces moments qui reste gravé dans nos esprits et qui rend ce voyage un peu plus unique !
Tips Masaya :
  • Fuyez cette ville !! Elle n’a aucun intérêt ! Des tours pour le volcan et les pueblos blancos sont proposés à Granada, ça sera sûrement plus simple !
  • Si vous dormez quand même à Masaya, il est facile de se rendre aux pueblos blancos. Il suffit de prendre le bus depuis le terminal (près du marché central).
  • Allez visiter San Juan de Oriente en matinée pour pouvoir observer le travail des potiers. L’après-midi, tout est fermé !
  • Le meilleur endroit pour admirer la lave du volcan Masaya est sur la plate-forme de droite !