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Découverte du triangle culturel conghalais : Dambulla, Sigiriya, Polonnaruwa & Kandy

Nous voici enfin arrivés au Sri Lanka après près de 24 heures de transport ! Depuis Bali, nous avons pris l’avion pour Kuala Lumpur (avec une escale de 4h en pleine nuit) puis pour Hong-Kong (avec une escale de 12h mais qui nous a permis de rencontrer d’autres voyageurs au long cours : Ludivine & Erwan ! 😉) puis enfin pour Colombo, capitale du Sri Lanka !

Il est 22h, heure locale, lorsque nous posons les pieds sur « l’île resplendissante ». Nous n’avons alors qu’une envie : retrouver un bon lit ! 😃

Pour notre première étape au Sri Lanka, nous avons choisi de séjourner à Negombo, ville plus proche de l’aéroport que Colombo.

Ce petit village de pêcheurs n’a pas grand intérêt, peu de restaurants et une plage qui ne fait pas rêver ! Bref, nous ne sommes pas vraiment émerveillés par nos premiers jours ici mais l’idée est de se reposer et d’appréhender cette nouvelle culture avant d’aller explorer le reste du pays.

1ère étape du Triangle culturel : Dambulla

Nous voilà repartis sur les routes après 2 jours de repos à Negombo. La gare routière étant située à 5km du centre-ville, nous prenons un tuk-tuk pour nous y rendre (160 Rp). Là, c’est un peu comme une grande fourmilière, ça grouille de partout ! Au Sri Lanka, le prix des bus est fixe, donc pas de nego possible ! En même temps, c’est tellement bon marché qu’il n’y a pas besoin ! Et contrairement à beaucoup de pays, les Cinghalais n’essaient pas de nous arnaquer en gonflant les prix. On se rend d’ailleurs vite compte que le pays n’est pas si touristique. Voire vraiment pas touristique ! C’est vrai qu’on s’attendait à plus d’infrastructures hôtelières, restaurants, boutiques de souvenirs, etc. On est assez étonnés mais c’est ce qui fait le charme du pays aussi ! 😉

Pour rejoindre la ville de Dambulla, nous devons changer de bus à la gare de Kurunegala, n’ayant pas de bus direct depuis Negombo. Nous testons l’expérience des bus au Sri Lanka. On a lu beaucoup d’histoires sur les blogs de voyage comme quoi ils conduisaient comme des fous. Alors oui, on ne peut pas dire qu’ils soient très sages au volant mais on s’attendait à pire ! À croire qu’il n’y a pas pire qu’en Colombie ! 😂 Ici, nous trouvons les cinghalais très civilisés et respectueux. Il y a même des places réservées pour le clergé à l’avant du bus ! On est tous serrés comme des sardines mais avec la musique à fond, il règne une ambiance bonne enfant ! Bref on adore ! Nous voilà arrivés à Kurunegala, attendant le départ du 2eme bus. La gare est pleine, difficile de se frayer un chemin. Tout d’un coup, Christophe se rend compte qu’il n’a plus son alliance ! Panique dans le bus. On vide nos sacs, on refait le trajet à pied dans la gare, on cherche par terre, sous le bus, partout… RIEN ! C’est l’incompréhension. Christophe n’enlève JAMAIS son alliance et même s’il a maigri depuis le début du voyage, son alliance ne tombait pas !

Le bus part… on se dit qu’elle est forcément dans le bus. Ce n’est pas possible autrement. En arrivant à Dambulla (j’avais réservé une cabane dans les arbres pour l’anniversaire de Christophe), on expédie le Check-in et on vide à nouveau les sacs… toujours rien ! On décide alors de retourner à la station de bus de Kurunegala, à 1h30 de route de Dambulla. Le stress monte sur le trajet. Si l’alliance n’est pas dans nos sacs, alors elle est forcément dans la gare, mais où ? On refait le chemin à pied plusieurs fois, certains Sri Lankais, nous voyant chercher, viennent nous aider… en vain ! Il se met à pleuvoir des trombes d’eau. Il est temps de rentrer et de se rendre à l’évidence : l’alliance est définitivement perdue. Un coup dur à seulement 1 mois de notre retour en France et surtout le jour de l’anniversaire de Christophe ! Il aurait préféré un autre cadeau pour ses 28 ans… 😢

Pour se consoler, on tente de trouver un bon resto à Dambulla. Mais là encore, c’est la désillusion ! On ne trouve aucun resto digne de ce nom dans cette ville ! À croire que le tourisme n’est vraiment pas développé ! La ville n’est autre qu’une grosse artère, pas de quoi vendre du rêve en ce jour spécial ! Non sans mal, nous trouvons un semblant de pizzeria/boulangerie. Tous les voyageurs de la ville semblent s’être donné le mot et ont fini ici, comme nous. En même temps, où manger dans cette ville sinon ? 😂

On se couche en espérant que demain soit une meilleure journée !

Journée à Sigiriya, le rocher lion

Pour accéder au Rocher au lion, nous prenons un bus depuis la gare routière de Dambulla. Pour moins d’un euro, on vous emmène à l’entrée du site. On l’aperçoit un peu, depuis la route, se dressant de temps à autre entre les arbres, déjà imposant et pourtant si lointain.

Certains choisissent de dormir directement à Sirigiya, nous avons préféré rester sur Dambulla pour ne pas changer d’hébergement tous les jours.

Pour pouvoir gravir les quelques centaines de marches du Lion’s Rock, il faudra d’abord vous acquitter du droit d’entrée du site : $20/personne !! Une vraie petite fortune pour un pays qui ne roule pas sur l’or. Bien évidemment, les locaux ne payent pas le même tarif (heureusement pour eux) mais cela reste cher si on veut visiter tous les sites du Triangle culturel !

Vestige d’une folie dévorante, d’une mégalomanie galopante et d’une paranoïa démesurée, ce Rocher au Lion, Simhagîri ou Sigirîya, ne laisse pas indifférent. Ce monolithe rouge ocre qui domine la jungle et abrite une forteresse à l’histoire singulière. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le site archéologique de Sigiriya a été restauré au milieu du XXème siècle.

Nous avançons maintenant vers ce roc (que dis-je, une péninsule !) haut de plus de 370 mètres ! D’en bas, on paraît tout petit et lui, immense, imposant.

Minute culture :

L’histoire commence au Vème siècle. Le roi d’Anuradhapura a deux fils : Kasyapa et Mogallana. Kasyapa veux obtenir le trône qui doit revenir à son frère ainé. Pour y accéder, il tue son père puis expulse son frère du royaume. Ce dernier jure alors de revenir se venger. Kasyapa décide de quitter Anuradhapura pour s’installer à Sigiriya. Il fait construire une forteresse en haut du rocher où il va se cacher pendant 18 ans. A son retour, Mogallana déploie ses troupes autour du site de Sigiriya coupant ainsi toute possibilité de ravitaillement. Affamé Kasyapa finit par se livrer à son frère qui l’exécute. Mogallana reprend le trône et abandonne Sigiriya.

On commence l’ascension. Des panneaux indiquent de faire silence pour ne pas affoler les guêpes qui ont élu domicile ici. On approche rapidement de la première merveille de Sigirîya : ses demoiselles. Dûment protégées désormais, sauvegardées des outrages du temps grâce à la corniche qui les surplombe, ces fresques méritent les escaliers escarpés qui mènent à elles. Le roi Kassapa vécut reclus dans sa forteresse pendant 18 ans, guettant le retour de son frère voulant venger l’assassinat de leur père. Il y entretint une cour assez restreinte, passant la majeure partie de son temps au sommet, descendant parfois. Les courtisanes étaient évidemment nombreuses et on retrouve sûrement certaines d’entre elles. Les dessins sont superbes et les couleurs encore bien conservées ! Il est interdit de prendre des photos pour ne pas les abîmer. Deux gardiens veillent au grain.

Après cet arrêt artistique, nous continuons notre ascension pour arriver à la première plateforme. D’ici, la vue sur la nature environnante est déjà superbe mais il faut encore gravir quelques marches pour atteindre le sommet. D’en haut, la vue est incroyable. Tout est en ruine, il ne reste plus rien de l’ancien palais mais le spectacle est ailleurs. La vue à 360 degrés offre un panorama à couper le souffle sur les environs ! On reste un long moment à admirer la nature… jusqu’à ce que la pluie s’en mêle !

Tips Sigiriya :

  • Si vous ne voulez pas payer le droit d’entrée du site qui s’élève à 20$/personne tout de même, vous pouvez choisir d’escalader le rocher voisin appelé Pidurangala. Beaucoup moins cher, il permet d’avoir une vue sur le Rocher au lion !
  • Pendant l’ascension, faites attention aux guêpes et aux singes qui ne manqueront pas de vous piquer vos affaires !

Le lendemain, on se dirige vers la 2ème attraction de la ville : les grottes de Dambulla. Depuis le centre-ville, il est assez facile d’y aller à pied (30-40 minutes environ). Sur le chemin, on croise des joueurs de base-ball, l’un des jeux national du pays !

A l’entrée, il faut s’acquitter du droit d’entrée (là encore, pas donné !) 1500 Rp/personne ! Au bout d’une dizaine de marches, nous arrivons au pied des grottes. Il faut alors se déchausser, en laissant un tips au monsieur des chaussures (on n’arrête jamais de payer ici ! 🤭).

Ces grottes, qui font la renommée de la ville, sont antérieures à l’ère chrétienne, en 104 av. J-C ! Il y en a plusieurs dizaines mais seules cinq se visitent, les plus grandes et impressionnantes. Les statues de Bouddha se comptent par dizaines dans chacune des salles. Elles figent le grand sage dans toutes les positions. On a essayé d’en apprendre quelques unes ! 😉

Murs et plafonds sont couverts de fresques bien conservées pour la plupart.

C’est après cette visite un peu mitigée que nous prenons le bus, direction Polonnaruwa !

À la découverte de l’immense site archéologique de Polonnaruwa

Notre deuxième étape dans le triangle culturel nous mène à Polonnaruwa. Polo… quoi ? Oui ce nom est difficile à prononcer et encore plus à mémoriser ! On va rester sur Polo, ça sera plus simple ! 😉

Polonnaruwa se situe au Nord-Est du Sri Lanka. Cette ville a été la capitale d’un bouddhisme éclatant du XI° au XIII° siècle avant que la jungle ne l’envahisse. Depuis le XIX° siècle, la cité est sortie de l’oubli. D’importantes fouilles ont mis au jour ses vestiges qui lui ont valu d’être classée au Patrimoine mondial de l’Unesco.

On arrive tard en fin d’après-midi dans la nouvelle ville et on se rend vite compte que la recherche d’un resto va encore être compliquée ! On décide de s’arrêter dans le premier « boui-boui » à côté de notre hostel. 1€20 le repas pour 2, qui peut nous battre ? 😃

Le lendemain matin, il pleut des cordes. On doit attendre avant d’enfourcher nos vélos (prêtés par l’hostel) et partir à la découverte du site. Deux heures plus tard, on tente notre chance ! Sur le chemin, on passe au milieu des rizières, passant sur des chemins de terres : on est pleine campagne cinghalaise ! 😊

Le site qui attire tous les visiteurs du Sri Lanka a été édifié au XII° siècle par le roi cinghalais Parakrama Bahu Ier. C’est un domaine de 122 ha et plusieurs kilomètres de long! Autant vous dire que la visite prend un peu de temps! Pour aller d’un point d’intérêt à l’autre, il est vivement recommandé d’avoir un moyen de transport: vélo, tuk tuk ou voiture. Le parc est particulièrement verdoyant, ombragé par de vieux arbres tortueux. Les ruines elles-mêmes sont en bon état de conservation (expliquant sûrement le prix de l’entrée : 4400 Rp/personne !), permettant de mieux visualiser l’ancienne ville. Le raffinement de l’architecture sri-lankaise d’époque n’a rien à envier aux cathédrales construites parallèlement en Europe ! C’est superbe !

Minute culture :

En désertant Anuradhapura au XIe siècle, le royaume cingalais choisit Polonnaruwa comme nouvelle capitale. Il faut tout recommencer : des temples et des palais sont construits dans toute la ville et… un nouveau lac est façonné.

Le site se visite facilement mais c’est sans compter sur notre bonne amie la pluie qui ne nous quitte plus depuis le début de notre périple au Sri Lanka ! Après le Palais Royal, on fait une visite rapide du Vatadage qui est un bâtiment circulaire avec 4 entrées avec chacune un Bouddha orienté vers un point cardinal. Mais cela reste difficile avec toute cette eau qui tombe ! On persévère quand même pour aller voir l’immense statue de Bouddha. Le plaisir n’y est plus, on commence à avoir froid et on a qu’une envie : rentrer sous la « couette » (oui, il s’agit en fait que d’un drap ! 😂) !

Dommage, ce site avait pourtant l’air magnifique et les premiers bâtiments visités nous ont conquis !

Kandy & le temple de la dent

Après 3 heures de bus depuis Polo (210 Rp/personne soit 1€ !), nous voici arrivés à Kandy. La ville, inscrite au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, paraît grande et très bruyante. Bref, tout ce qu’on aime pas ! Nous y avons prévu qu’un court arrêt, principalement pour voir le temple de la dent et éventuellement faire quelques emplettes (pierre précieuse ? 😍).

Kandy est l’ancienne capitale d’un royaume qui s’étendait sur près de la moitié de l’île de Ceylan et résistait aux agressions des colonisateurs portugais et néerlandais. À l’époque, les chemins de montagne menant à Kandy étaient tenus secrets afin de protéger la ville et, apparemment, cette invraisemblable technique fonctionnait réellement !

Aujourd’hui, Kandy n’est plus la capitale, mais elle est restée un lieu important pour les bouddhistes du pays. Suite à la crémation de Bouddha, une canine (de cinq centimètres de long !) aurait été retrouvée intacte au milieu des cendres. D’abord vénérée en Inde durant de longs siècles, cette dent hors norme fut exfiltrée au Sri Lanka, dissimulée dans la coiffure d’une princesse. Aujourd’hui, un grand temple, appelé tout simplement le Temple de la Dent, lui est consacré en plein cœur de la ville de Kandy. Les pèlerins viennent même de toute l’Asie pour se recueillir devant la quenotte sacrée.

L’intérieur du temple se visite moyennant 1500 roupies par personne. Bon, il faut bien l’avouer, nous n’avons pas été subjugués ! Les fresques des murs sont jolies mais le reste ne casse pas 4 pattes à un canard ! On repart un peu déçus… Mais au croisement de la rue, je remarque une bijouterie. Je rentre « juste pour voir ». Bon, vous connaissez tous la fin de l’histoire ! Finalement on est ressorti une heure après, avec un saphir rose durement négocié ! 😍 Tous les guides vous diront de ne pas acheter de pierres précieuses trop chères au Sri Lanka car on ne sait jamais si ce sont des vraies (à part si on est un pro, ce qui n’est clairement pas notre cas). N’empêche qu’à l’heure où j’écris cet article (oui, nous avons un tout petit peu de retard sur l’écriture du blog), j’ai fait expertisé la pierre à Paris et on m’en donne 3 à 4 fois le prix acheté au Sri Lanka ! Une vraie affaire ! 😉

Conclusion de l’histoire : si vous craquez pour une pierre, négociez-la bien, demandez à voir le certificat d’authenticité de la pierre et de la bijouterie et faites-vous plaisir sans vous ruiner ! Au pire, c’est une fausse mais la pierre vous plaira et vous n’aurez pas perdu trop d’argent, au mieux, c’est une vraie pierre et vous pourrez soit la revendre soit en faire un beau bijou ! 😊