Indonésie

Java • Yogyakarta : entre art, mosquée et temple !

Après un séjour magique à Sulawesi, nous voilà fraîchement débarqués à Yogyakarta (à prononcer « Djodjakarta », ou « Djodja » pour les intimes 😉), sur l’île de Java. Cette île qui ne paraît rien, quatre fois plus petite que la France, est peuplée de 136 millions d’habitants ! Car oui, l’Indonésie avec ses 256 millions d’habitants est le quatrième pays le plus peuplé du monde, après la Chine, l’Inde et les États-Unis.

Nous rejoignons notre guesthouse via les transports publics. Le bus 1A relie directement l’aéroport au centre-ville (Malioboro street) pour 3500 Rp/personne. Prix imbattable !

Arrivés en fin d’après-midi, nous avons juste le temps de nous balader dans la célèbre rue Malioboro, point d’orgue de la ville où sont réunis de nombreux restaurants, hôtels et boutiques de batik. Même s’il y a quelques touristes, l’essentiel des promeneurs sont des locaux et l’on ressent avec force l’ambiance bouillonnante de la ville.

Sur les conseils de voyageurs, nous testons le restaurant « Superman ». Même si la carte offre une large variété de plats, nous sommes déçus de la qualité…

Balade au cœur du vieux Yogya : Kraton et Water Castle

Après un petit-déjeuner copieux servi dans notre super homestay, nous débutons la visite de la ville par le quartier historique de Yogya. Pour atteindre le Kraton, le palais du sultan, on est surpris d’emprunter des petites ruelles où les voitures et les scooters ont laissé place aux vélos. Murets peints en blanc et décorés de plantes fleuries, on se croirait presque dans un village à la campagne !

Minute culture : À Yogyakarta, c’est un système de démocratie directe qui s’applique. Ce sont donc les citoyens qui prennent les décisions concernant leur quartier, par vote entre voisins. Les habitants s’occupent également de la propreté des rues. C’est une habitude unanimement adoptée qui ne prend que quelques minutes par jour. Et effectivement, rien ne traîne par terre !

En arrivant au palais, une dizaine d’étudiantes se jettent littéralement sur nous pour nous prendre en photo ! On se prête au jeu, amusés de voir l’effet qu’un touriste peut provoquer ici.

Si le Kraton en lui-même est réellement occupé par le sultan, plusieurs sections sont ouvertes au public (uniquement le matin). Bien que le tout soit un peu décevant, l’architecture et la décoration de certains bâtiments sont vraiment belles.

Le week-end, un spectacle de danse traditionnelle est donné au palais. Malheureusement, nous sommes mardi mais nous avons quand même droit aux répétitions de musique !

Nous continuons notre tour avec la visite du « Water Castle » ou « Tamansari ». Lieu de villégiature, c’est dans cet ancien pavillon que le sultan venait se baigner, accompagné de sa Cour. Un premier bassin était réservé à sa femme et ses enfants et un autre à ses concubines.

Minute culture : Aujourd’hui, c’est donc un sultan qui dirige la région de Yogya. Il serait particulièrement moderne et saurait prendre des décisions difficiles. Par exemple, il aurait éjecté Nike et L’Oréal de son sultanat car ils exploitaient des enfants. Il a aussi récemment annoncé que son successeur serait une femme, une sultane donc. Cela a causé quelques remous politiques, mais il s’en fiche.

Non loin se trouve une ancienne mosquée souterraine, célèbre pour ses escaliers et autrefois utilisée par le sultan. Lieu très photogénique, on n’hésite pas à prendre la pose pour immortaliser l’instant.

Art à Yogya : entre street art et fabrique de batik

Comment citer le domaine des arts sans se référer à Yogyakarta, capitale culturelle et artistique de Java ? Considérée comme le centre des arts de l’île, de nombreux artistes y vivent et y exposent leur travail. On retrouve bien sûr l’artisanat du batik mais aussi du street art sur beaucoup de murs de la ville.

Après une sieste bien méritée (quelle chaleur dans cette ville !), nous nous dirigeons vers le quartier de Prawirotaman. Sur le chemin, nous commençons déjà à apercevoir quelques œuvres de street-art. Beaucoup de fresques comportent des messages, mais c’est difficile d’en comprendre la signification… Le manque d’explications aura raison de nous et c’est globalement déçus que nous ressortons de ce quartier.

Nous tentons de nous consoler en allant nous amuser sur la place Alun-Alun Selatan (pas loin du Kraton), réputée pour ces drôles d’engins réalisés à partir de carcasses de vieilles coccinelles et de Volkswagen redécorées en mode Hello Kitty ou Pokemon avec des néons qui clignotent et la musique à fond ! Les locaux adorent, c’est un peu la sortie familiale ou entre amis de début de soirée. On se prête au jeu et on paye les 30 000 roupies pour faire le tour de la place.

On continue à se mêler aux locaux en essayant de marcher les yeux bandés entre les 2 arbres de la place. D’après une légende locale, traverser entre les arbres de Beringin les yeux fermés permet de réaliser son vœu le plus cher. C’est donc munis de nos paréos que nous tentons notre chance ! Malgré plusieurs essais, c’est l’échec ! 😂

Le lendemain, nous décidons de nous intéresser au batik. Cette technique de peinture sur tissu est une des principales spécialités artisanales de l’Indonésie, et notamment de l’île de Java. Le batik indonésien a été inscrit sur la liste du patrimoine immatériel de l’humanité par l’Unesco en 2009.

Dans un premier temps, les artisans appliquent de la cire sur du tissu pour créer un dessin. Puis le tissu est ensuite plongé dans un bain de teinture. Les zones couvertes de cire résistent à la coloration et donnent ainsi naissance aux motifs voulus.

L’atelier « Batik Winotosastro » (Jl Tirtodipuran 54) propose des visites gratuites de la fabrique, avec possibilité de s’inscrire à des ateliers pour apprendre à confectionner un batik (à partir de 50.000 IDR). Dommage, on aurait bien essayer mais on l’a su trop tard !

Le temple de Borobodur

Beaucoup de touristes profitent du lever de soleil pour aller admirer les stupas de Borobodur. L’inconvénient du coup c’est que c’est vite bondé et plus on voyage, moins on a envie de se mêler aux autres touristes ! 😂

On a donc troqué l’alarme matinale du réveil pour nos caquettes et notre crème solaire.

Après 2 longues heures de trajet, 2 changements, 2 roupillons et 3 types de véhicule (il n’y a pas de petites économies = 37 000 Rp/personne), nous arrivons enfin à destination.

Borobodur est le plus grand monument bouddhiste au monde, réminiscence de cette religion qui se partageait l’île de Java avec l’hindouisme, avant que l’islam n’arrive. Aujourd’hui, l’immense majorité des habitants est musulmane et le nombre de mosquées est impressionnant (on les entend bien la nuit, lors de l’appel à la prière à 4h du mat’ 😂).

Construit au IXe siècle puis tombé à l’abandon jusqu’au XVIIIe siècle, l’origine de Borobodur reste un mystère. Temple ? Université ? Aujourd’hui, les historiens n’ont aucune certitude.

Totalement recouvert par la végétation, ce sont les colons britanniques qui l’ont redécouvert et déterré en 1814. Puis l’UNESCO a commencé les travaux de restauration pour lui redonner son cachet d’antan.

Vu d’en bas, Borobudur consiste en un empilement d’étages recouverts de bas-reliefs relatant la vie de Bouddha. Le sommet du temple quant à lui est recouvert de dizaines de stūpas, des sculptures de pierre volcanique en forme de cloche abritant chacune une statue de Bouddha. C’est cette partie qui figure sur la plupart des cartes postales.

Entre 2 séances photos avec les étudiants Indonésiens (« Mister, may I take a picture with you ? », « and with you Miss ? » ça n’arrête pas !), on déambule entre les stupas tout en profitant du cadre verdoyant qui entoure le site à 360 degrés. Un superbe panorama qui ajoute encore un peu plus de magie au lieu.

Le ciel est nuageux et nous n’avons pas le coucher de soleil escompté même si le spectacle reste très beau !

Le temple de Prambanan et son ballet

Forts de notre expérience de la veille, nous décidons de suivre la même stratégie pour visiter le temple de Prambanan et de partir qu’en milieu d’après-midi. Bien qu’il existe un bus direct à 3500 Rp/personne du centre-ville (près de Prawirotaman) vers le site, on rejoint 2 Allemands rencontrés la veille à Borobodur pour partager le trajet en Grab (70 000 Rp).

Situé à 30 minutes de Yogya, Prambanan est un temple hindou. Rivalisant avec Borobodur à l’époque, il met à l’honneur les divinités de la religion hindouiste : Brahma, Vishnu et Çiva.

Détruit à plusieurs reprises à cause des différents séismes, le site est toujours en restauration. Il faut savoir que la plupart des pierres constituant le temple proviennent de la roche volcanique du volcan Merapi, situé à seulement quelques kilomètres, comme c’était le cas à l’époque de la construction du site.

On décide cette fois de prendre un guide (100 000 Rp pour 4) qui nous retrace l’histoire du temple mais surtout qui nous explique les bas-reliefs recouvrant l’intégralité du site. Explications qui nous serviront à mieux comprendre le ballet que nous avons réservé le soir.

Dans un des temples, on observe Ganesh, fils de Çiva. La légende veut que les voyageurs touchent ses pieds pour porter bonheur. Je ne manque donc pas à la tradition, voulant continuer sur notre lancée positive ! 😊

Les lueurs du soleil déclinant, les touristes désertent peu à peu. Nous profitons du site pratiquement seuls, admirant les couleurs orangées du ciel.

Après la fermeture du temple, nous nous dirigeons vers le ballet pour assister au spectacle. Christophe n’est pas spécialement ravi de revoir un spectacle de danse indonésienne (le premier à Bali n’ayant pas été un réel succès) mais je voulais me faire ma propre opinion sur la danse javanaise, reconnue mondialement. Le spectacle a duré 2 heures, des centaines de danseurs sur scène avec en toile de fond, le temple de Prambanan illuminé dans la nuit. Les costumes étaient superbes mais j’ai été déçue de la danse en elle-même. Je m’attendais à plus de précision dans les gestes, à la façon de la danse balinaise.

Bonnes adresses Yogya :

  • « Nomore Guesthouse & Gallery » : une chambre chez l’habitant avec salle de bain privée. Des hôtes aux petits soins, toujours souriants et prêts à rendre service. Très belle déco, emplacement idéal (entre le quartier du Kraton et Malioboro street) et petit-déjeuners variés. Le tout pour un prix défiant toute concurrence, 118 000 roupies pour 2 ! On recommande à 100% !
  • « Batik Winotosastro » : un atelier de batik qui offre des visites gratuites de la fabrique et propose des cours d’initiation au batik (à partir de 50 000 roupies/personne)

Tips :

  • Il existe un billet combiné pour visiter Borobodur + Prambanan sur 1 ou 2 jours. Le prix est de 600 000 Rp/personne.
  • Afin d’éviter la horde de touristes et payer moins cher, on vous conseille de visiter ces 2 temples en fin d’après-midi tout en profitant des rayons déclinants du soleil. Vous aurez moins de monde qu’au lever du soleil et moins chaud que l’après-midi ! 😉
  • Si vous assistez au spectacle de danse javanaise à Prambanan, dînez dans le premier warung que vous trouverez. Il n’y en a pas ou très peu entre le temple et le ballet, on s’est retrouvé à manger une glace 10 minutes avant le début du spectacle !